L’amour de précision ou la troisième guerre mondiale
2024CommissaireCentre culturel ukrainien · Paris
Une exposition d’Igor Gusev qui répond à la guerre par des énigmes visuelles et un imaginaire apocalyptique. Le projet envisage l’imagination comme un moyen d’affronter des réalités en mutation rapide et l’expérience psychologique de la guerre.
Projection dans le centre culturel 01 / 08Texte curatorial et œuvres exposées 02 / 08Œuvres d’Igor Gusev dans l’exposition 03 / 08Kherson Files — paysage sous-marin 04 / 08Kherson Files — intérieur baigné de lumière jaune 05 / 08Kherson Files — intérieur inondé 06 / 08Kherson Files — paysage inondé 07 / 08Igor Gusev — série Kherson Files · Harper’s Bazaar 08 / 08
Deux formes de témoignage
25 janvier — 29 février 2024 · Centre culturel de l’Ambassade d’Ukraine en France
Kherson Files
Des images créées à l’aide de l’intelligence artificielle répondent à la catastrophe du barrage de Kakhovka. Intérieurs inondés et paysages impossibles traduisent la rupture du quotidien par une méthode qu’Igor Gusev appelle le neuromodernisme.
Troisième Guerre mondiale
Des dessins sur les couvertures de livres anciens constituent l’autre partie de l’exposition. Aux images numériques répond un objet matériel chargé de sa propre histoire : un livre dont la surface accueille un nouveau commentaire.
À propos du projet
Les énigmes visuelles et les visions apocalyptiques d’Igor Gusev répondent à une réalité que la guerre transforme presque chaque jour. Sa méthode du « neuromodernisme » fait se heurter les images pour rendre ces bouleversements visibles, donnant à l’imagination le rôle d’un outil d’examen de nos conditions de vie.
Le texte curatorial s’ouvre sur une proposition inconfortable : l’histoire offre peu d’arguments pour considérer la paix comme l’état naturel de l’humanité. La connaissance de l’agression, de la violence, des armes et des conséquences de la guerre est profondément inscrite dans la civilisation contemporaine. Reste à savoir ce que nous faisons de ce savoir et s’il nous permet de penser au-delà des attentes qui nous ont fait défaut.
Dans ce contexte, l’imagination n’est ni une distraction ni une fuite. Elle devient une manière d’affronter la terreur psychologique, d’anticiper les changements et de résister à la sidération. Les œuvres de Gusev font coexister catastrophe et absurdité visuelle : comment une image peut-elle nous aider à reconnaître un monde dont les règles sont sans cesse réécrites ?