2024CommissaireMusée d’art moderne d’Odesa · Odesa
Une exposition de Dmytro Erlikh consacrée aux paysages postapocalyptiques imaginés et à la vie après la catastrophe. Des peintures sur OSB et une installation sonore avec un piano endommagé transforment le sous-sol du musée en un espace entre destruction et renaissance.
Matière, espace et son
Paysages sur OSB
Dmytro Erlikh travaille sur des panneaux de bois OSB : il découpe leur contour à la scie sauteuse, modèle la surface à la meuleuse et applique la couleur au pinceau. Bords irréguliers et texture participent à ses paysages postapocalyptiques imaginés.
Spectacle « Matin–Soir »
Erlikh a créé l’installation centrale avec Illia Petrov. Un piano Ukraina endommagé, de la mousse et des places pour le public composent une scène de transformation. Le son de certaines cordes circule entre quatre haut-parleurs indépendants.
Programme musical
Des performances d’Undo despot et de rokurokusuzu ont accompagné l’exposition. L’électronique expérimentale rencontrait l’acoustique du sous-sol, ses murs bruts et ses niches éclairées.
Œuvres choisies · 2024 · OSB
- Ferme190 × 153 cm
- La Fin240 × 125 cm
- Roue121 × 180 cm
- À l’intérieur125 × 250 cm
- Récolte250 × 250 cm
- Explosion125 × 250 cm
MiTEC — mon entretien avec Dmytro Erlikh
À propos du projet
La fascination pour les ruines transforme l’architecture abandonnée en image d’un monde après l’humanité. Ce plaisir contemplatif pose pourtant une question éthique : que fait-on disparaître lorsque les bâtiments deviennent des images spectaculaires et que la vie de leurs habitants reste hors champ ? Le texte curatorial aborde le « ruin porn » à travers cette tension entre attrait esthétique et regard prédateur.
Dans le projet de Dmytro Ehrlich, les fragments architecturaux et les procédés photographiques deviennent un langage du désir personnel et de l’inquiétude. Son ton calme et distant dramatise les circonstances ordinaires. L’absence humaine ne relève pas seulement du document : elle construit activement un paysage où l’artiste se confronte à un avenir qui semble déjà déterminé.
Ces espaces vides nous offrent une image de notre propre disparition alors que nous sommes encore en vie. Le temps historique cède la place au temps géologique : la fin de l’humanité ne serait pas celle de la Terre. L’exposition relie cette anticipation à la nostalgie d’un avenir perdu et au rétrécissement des possibles politiques et personnels, pour revenir à cette question : à qui appartient la mort ?
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